Histoire des origines

Histoire des activités

Membres 2007

Liens

Publications

 

Les grandes figures fondatrices des théories et des pratiques des groupes, du psychodrame et de la thérapie familiale psychanalytique en France sont : André Ruffiot, Didier Anzieu, René Kaës et d'autres dont nous allons évoquer les premiers travaux entre les années 60 et 90.

André Ruffiot, psychanalyste, professeur émérite en psychopathologie clinique à l'UFR Sciences de l'Homme et de la Société, Grenoble2, présente sa thèse de doctorat de 3e cycle en psychologie clinique en 1979 intitulée Thérapie psychanalytique de la famille. Il publie en 1980 : Technique analytique de traitement du groupe familial et un article essentiel en 1981 : Le groupe famille en analyse - L'appareil psychique familial dans la thérapie familiale psychanalytique dans un ouvrage collectif chez Dunod, de la collection Inconscient et Culture dirigée par René Kaës et Didier Anzieu : La thérapie familiale psychanalytique. Il propose une description de la technique de la thérapie familiale psychanalytique, un cadre analytique pour la famille avec ses règles et pose les indications. Selon l'auteur, l'appareil psychique familial, en résonance avec la notion d'appareil psychique groupal de R. Kaës, a comme fonction essentielle de contenir les psychismes individuels. Il est la fonction alpha de la mère, partagée par tous les membres de la famille. Paraît en 1981 : Appareil psychique familial et appareil psychique individuel, hypothèses pour une onto-éco-génèse, in Dialogue 72, de l'A.F.C.C.C., et Le pouvoir absolu : l'imago des parents combinés ou l'anti-scène primitive, in Dialogue 73, A.F.C.C.C. Il publie en 1982 : Le holding onirique familial in Génitif et La thérapie familiale. Pourquoi ? in Dialogue n°75 et Les mécanismes de défenses familiaux avec F Aubertel in Dialogue 75. Il soutient une thèse de doctorat d'état ès lettres et sciences humaines en 1983 : " Thérapie familiale psychanalytique et ses développements " à Grenoble 2. Il publie en 1983 : La thérapie familiale psychanalytique ou la réinscription du vécu originaire in Bulletin de Psychologie n° 363 et, toujours chez Dunod, en 1984 " Le couple et l'amour de l'originaire au groupal " dans un ouvrage collectif : La thérapie psychanalytique du couple. Il propose alors " l'amour comme illusion de deux corps pour une psyché unique ". En 1985, Originaire et imaginaire le souhait de mort collective en thérapie familiale psychanalytique, in Gruppo, 1, aux éditions Apsygée, Clancier-Guénaud. En 1988, La théorie classique de la psychose et ses impasses, une perspective de compréhension groupale, in Gruppo 4, aux éditions Apsygée, Clancier-Guénaud. En 1990, Holding onirique familial, in Gruppo 6, Ed. Aspsygée, Dans de nombreux articles, il expose la notion de mythopoïèse familiale et celle de " holding onirique familial " en thérapie familiale psychanalytique. Il dirige de nombreux travaux universitaires, DEA et thèses autour de la thérapie familiale psychanalytique. Il est membre fondateur et membre d'honneur de la Société Française de Thérapie Familiale Psychanalytique.

De nombreux psychanalystes de l'école française travaillent à cette époque sur le groupe, le psychodrame, le couple et la famille et publient un certain nombre d'ouvrages :

Didier Anzieu dès 1958 : " Le psychodrame analytique chez l'enfant " au PUF, en 1968 : " La dynamique des groupes restreints ", en 1971 : " L'illusion groupale " dans la NRP n°4, en 1974 : " Le moi peau " dans la NRP n° 9, en 1975 : " Le groupe et l'inconscient " chez Dunod. Ce dernier ouvrage est la clef de voûte de toutes les recherches et travaux sur les phénomènes de groupe. L'œuvre scientifique de Didier Anzieu est reconnue dans le monde entier, mais il ne faut pas oublier son œuvre littéraire qui reprend sur un mode poétique et souvent humoristique la plupart de ses concepts (voir notamment " Les contes, l'amour, la mort, l'humour " in Portrait d'Anzieu in Groupe, Hommes et Perspectives : Journal des Psychologues, 1992). " J'ai reçu, j'ai transmis. Je me sens quitte envers ceux qui m'ont donné. Soyez quitte à votre tour de la même façon que moi " dit-il au cours d'une journée qui lui est consacrée. Dans les années 1988 A M Blanchard et G Decherf co-animent un psychodrame avec Didier Anzieu

René Kaës en 1972 : " Les séminaires analytiques de formation " in Le travail psychanalytique dans les groupes chez Dunod, en 1976 : " L'appareil psychique groupal " chez Dunod, en 1979 : " Introduction à l'analyse transitionnelle " in Crise, rupture et dépassement chez Dunod, en 1986 : " Filiation et Affiliation " in Gruppo 1 etc. L'auteur a beaucoup travaillé avec D Anzieu et son œuvre importante est dans la même lignée.

Alberto Eiguer en 1978 : " La prise en charge des familles dans un hôpital de jour ", en 1980 : " Méthodologie de l'interprétation en TFP " dans la revue Psychiatrie, en 1981 : " Contribution psychanalytique à la théorie et à la pratique de la psychothérapie familiale " avec D. Litovsky de Eiguer in La thérapie familiale psychanalytique chez Dunod, en 1983 : " Un divan pour la famille " chez Le Centurion, en 1987 : " La parenté fantasmatique, Transfert et contre-transfert en T.F.P ", Paris Dunod. Etc.

E. Granjon en 1976 " A propos de trois cas de psychothérapie familiale " et en 1982 : " Violence et fantasme en TFP " En 1986 : " L'enveloppe généalogique de la famille ", in L'œuvre ouverte, Autour du concept de moi-peau et des travaux de Didier ANZIEU, Actes des Journées du C.O.R., Hôpital J. Imbert, Arles. En 1987 : " Traces sans mémoire et liens généalogiques dans la constitution du groupe familial ", in Dialogue, n° 98. En 1987 : " La thérapie familiale psychanalytique : un processus de réétayage groupal ", in Dialogue, n° 98. En 1987 : " Des objets bruts aux objets de relation ", in Après Winnicott, Actes des Journées du C.O.R., Hôpital J. Imbert, Arles. En 1989 : " Transmission psychique et transfert en thérapie familiale psychanalytique ", in Gruppo, n° 5, Ed. Apsygée. En 1990 : " Alliance et aliénation : ou les avatars de la transmission psychique intergénérationnelle ", in Dialogue, n° 108. En 1990 : " Les voix du silence ", in R.P.P.G., n° 15.

Serge Tisseron en 1985 : Tintin chez le psychanalyste. Nombreux de ces écrits vont d'abord traiter du secret dans la famille, de la honte et du transgénérationnel. En 1986 : Généalogie, honte et transfert ", in Mémoire, transmissions psychiques, transfert. Acte du colloque inter-universitaire à Paris avec Fédida et Guyotat et " La main, le mot et le fantôme " in Cahier de l'IPC, En 1990 " Tintin et les secret de famille " chez Seguier

Gérard Decherf participe dès 1968, aux recherches d'A. Ruffiot qu'il a rencontré pendant ses études universitaires. Il publie en 1976, Les aspects spécifiques du groupe d'évolution pour enfants in Perspectives Psychiatriques et en 1981 Œdipe en groupe chez Clancier-Guénaud

Jean-Pierre Caillot et Gérard Decherf en 1982 : Le travail du psychanalyste dans la Thérapie familiale d'inspiration psychanalytique in RFP n°2 et encore en 1982 : Thérapie familiale psychanalytique et paradoxalité chez Clancier-guénaud, en 1984 : Le cadre de la thérapie familiale psychanalytique in RFP n°6, en 1985 : La position narcissique paradoxale in GRUPPO n°1 et " Couples, familles et défenses perverses " in Gruppo, en 1988 : " Le couple anti famille, la famille anti couple, le fantasme d'auto engendrement " in GRUPPO n°4, et un livre de base en 1989 : Psychanalyse du couple et de la famille aux éditions Apsygée, ouvrage dans lequel sont déjà décrits le cadre et la clinique du psychodrame familial.

Paul-Claude Racamier en 1961, La mère et l'enfant dans les psychoses du post partum in Evolution psychiatrique n°26 En 1976, Rêve et psychose : rêve ou psychose En 1978 Les schizophrènes chez Payot, en 1989 .Antoedipe et ses destins aux éditions Apsygée.

Serge Lebovici (1918-2000), propose de nouvelles techniques de soins : le groupe-analyse, le psychodrame individuel, les entretiens familiaux, le soin et l'observation mère-bébé. Il a reconnu dans le transgénérationnel une voie prometteuse pour le soin de la prime enfance, la thérapie familiale et la psychanalyse d'adultes. Il fut l'un des premiers à en parler. L'idée d'arbre de vie a été le fruit de ces observations : une révision de la généalogie en soulignant le pouvoir identifiant des membres de la famille

Jean-Claude Rouchy en 1986, une topique groupale, W.R.Bion et le groupe R.P.P.G.

Francine André en 1986 : " L'enfant insuffisamment bon en T.F.P. " P.U.F


Claude Pigott en 1988 : " La résonance fantasmatique " in GRUPPO n°4 , Editions Apsygée

Jean Lemaire en 1988 Le couple sa vie sa mort in Payot

Missenard en 1972 : Identification et processus groupal in Le travail psychanalytique dans les groupes chez Dunod

J.B. Pontalis en 1968 : Rêve dans un groupe in Le travail psychanalytique dans les groupes chez Dunod

A.Bejarano en 1972 : Résistance et transfert dans les groupes in Le travail psychanalytique dans les groupes chez Dunod


Pratiquement tous ces auteurs prolongeront leurs travaux après 1990 et sont des grandes figures de la TFP de nos jours. Il y a beaucoup d'autres ouvrages sur la famille depuis 1990 et de nouvelles écoles et institutions se sont dégagées : Grenoble… (a compléter )


A l'étranger des psychanalystes font aussi des recherches sur le groupe famille :

En Argentine

Enrique Pichon Rivière (1907,Genève-Suisse/1978,Buenos Aires-Argentine) Dans les années 1950-60, il commence ses recherches dans le domaine de la thérapie familiale psychanalytique. Son travail à l'hôpital psychiatrique le conduit à proposer que la psychose chez un membre de la famille est un émergent qui implique tout le groupe familial. C'est pourquoi il considère que le délire que construit un membre de la famille doit donc se comprendre comme une tentative d'expression d'un conflit intrapsychique et intersubjectif. Suivant les idées de l'école anglaise (Meltzer), il soutient l'hypothèse dynamique que dans tout processus de maladie mentale, il y a un dépositaire de la maladie, le patient, qui fonctionne comme un porte-voix du groupe familial ; celui-ci étant le déposant des fantasmes. Puis il commence à élaborer sa théorie du lien : espace de passage entre l'intrapsychique et l'intersubjectif. Et entre 1960-1978, Pichon Rivière définit le sujet humain comme "émergent" qui prend forme dans une trame complexe où s'entremêlent le lien, en tant que relation bi-corporelle et tri-personnelle, et le groupe comme réseau de liens. Pour lui, il n'existe pas de groupe sans tâche ; la tâche constitue un organisateur groupal tant au niveau latent qu'au niveau manifeste. La tâche explicite ou manifeste en question dépend du champ opératif du groupe. La tâche latente, la structure groupale et le contexte dans lequel tâche et groupe forment une équation, source de fantasmes inconscients, suivent le modèle primaire du déroulement du groupe interne. (Informations fournies par A.Eiguer qui a commencé ses recherches sur la famille en Argentine)

L'école anglaise est particulièrement riche. Outre les apports fondamentaux de M.Klein qui concernent surtout les relations entre la mère et l'enfant, il faut citer W.R.Bion (1962, Aux sources de l'expérience), D.W.Winnicott (1960, la théorie de la relation parent-nourrisson, 1971, Jeu et réalité, l'espace potentiel) et, plus récemment D.W.Meltzer (1987, le conflit esthétique, son rôle dans le développement psychique de l'enfant)


Histoire de la Société Française de Thérapie Familiale Psychanalytique

Dans la continuité de ces travaux et recherches, sur l'initiative d'Evelyn Granjon et de Gérard Decherf, un groupe de réflexion sur la Thérapie Familiale Psychanalytique se constitue au cours du dernier trimestre 1994,. Il était composé initialement de : A.M.Blanchard, E.Granjon, A.Ciavaldini, G.Decherf, A.Eiguer et S.Tisseron. Les premières réunions se sont tenues dans les locaux professionnels de G.Decherf et très rapidement elles ont eu lieu au siège de Médecins du Monde dont B.Granjon était président, pour donner un caractère institutionnel et peut-être déjà international aux créations envisagées. Ce groupe a donné naissance en 1995 à la Société Française de Thérapie Familiale Psychanalytique (S.F.T.F.P.) dont E.Granjon a été la première présidente, A.Ruffiot, fondateur de la T.F.P. étant président d'honneur. Elle est présidée actuellement par A.Eiguer.

Le but était d'affirmer, soutenir, défendre et promouvoir le caractère spécifique et éthique de la T.F.P. tant sur le plan clinique que théorique. Il s'agissait donc, notamment, de regrouper les professionnels de la santé exerçant comme thérapeutes familiaux, de définir les concepts et la technique, de recenser les travaux, de promouvoir la profession et de la faire connaître par des publications, des manifestations, des congrès etc. Toutefois, l'association n'avait pas pour but de former les thérapeutes familiaux, ce travail étant réservé à des associations régionales existantes ou à créer. Les premiers fondateurs sont : F.Aubertel, M.Baraband, P.Benghosi, A.M.Blanchard, A.Ciavaldini, P.Cuynet, G.Decherf, J.P.Dumont, A.Eiguer, F.Fustier, I.Gambini, E.Grange, E.Granjon, R.Jaitin, C.Joubert, C.Leprince, G.Mevel, A.Ruffiot, O.Ruiz-Corréa, B.Savin, R.Sefcick, S.Tisseron, C.Vachaud. Parmi les principales réalisations citons Le Divan Familial revue très appréciée qui est déjà à son 13ème numéro, le premier Congrès international à Paris en Mai 2004, les journées internes de recherche...

Histoire de la Société de Thérapie familiale Psychanalytique d'Ile de France

Parallèlement fut créée la Société Familiale Psychanalytique d'Ile de France (S.T.F.P.I.F.) Les buts et les moyens de cette association sont les mêmes que ceux de la société nationale, mais en plus avec la mission spécifique d'assurer la formation de thérapeutes familiaux. Le programme de cette formation figure en partie dans le présent site et, de façon plus détaillée, dans une plaquette d'une dizaine de pages qui peut être envoyée à toute personne intéressée. Une liste des principaux ouvrages sélectionnés est remise aux membres en formation. Les fondateurs de l'Association d'Ile de France sont : A.M.Blanchard, C.Diamante, C.Leprince, G.Decherf, J.P.Dumont, A.Eiguer, N.Khoury, B.Michel, A.Ruffiot, R.Sefcick, S.Tisseron. Il y a une dizaine d'autres associations ou centres régionaux situés à : Aix, Albi ; Amiens, Besançon, Bordeaux, Bretagne, Grenoble, Lille, Lyon, Metz, Tours

Les thérapeutes familiaux ont une identité commune fondée sur une formation psychanalytique individuelle, une formation groupale notamment avec la participation à un psychodrame qui complète la formation individuelle et permet, en outre, de mieux cerner le fonctionnement groupal et le fonctionnement familial. De plus et dans la mesure du possible, une co-thérapie familiale peut être proposée aux membres en formation qui n'ont pas encore la possibilité de pratiquer des thérapies familiales psychanalytiques et qui, du même fait, ne peuvent pas accéder aux supervisions. Parmi les réalisations de la S.T.F.P.I.F. citons principalement : la réalisation d'un colloque annuel (celui de Janvier 2005 portera sur les crises dans la famille et dans l'institution), la création du Centre de thérapie familiale Didier Anzieu, les conférences de Ste Anne, les groupes de recherche, les ouvrages collectifs tels que " l'Intermédiaire ", (bulletin intérieur), La fête de famille, Les crises familiales (en cours). Un nouveau cycle de formation centré sur l'écoute familiale et sur l'analyse des pratiques, destiné aux professionnels de la santé qui ne désirent pas devenir thérapeutes familiaux vient également d'être mis en place. Etc.